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Politique
en Suisse
En attendant la décision du National Actuellement, la Suisse n'a pas encore changé ses lois concernant le cannabis. Seulement le Conseil Fédéral et le Conseil des Etats ont accepté le projet de loi. La décision appartient maintenant au Conseil National, mais ce dernier refuse encore d'entrer en matière. C'est donc la LStup qui fait foi et l'interdiction est de rigueur. Pourtant il existe une différence bien marquée d'un canton à l'autre. Les cantons alémaniques sont bien plus tolérants que les romands ou le Tessin, que ce soit du point de vue du laisser-faire ou des jugements dans les tribunaux. Dans certains cantons alémaniques, on peut presque croiser un policier en étant " joint au bec " sans que cela ne suscite une réaction de sa part. Alors qu'en Romandie, on écope très facilement d'une contravention. Une autre différence est dans les relations des autorités avec les boutiques spécialisées dans les produits dérivés du chanvre. La vente de cannabis dans les boutiques bernoises ou zurichoises est tolérée par les autorités locales. Dans le canton de Vaud, par exemple, il est très difficile, voire impossible, de se procurer de la marijuana dans ces boutiques. Les juges romands et alémaniques n'ont pas non plus le même avis sur la question. En Suisse alémanique, des dealers se voient condamnés à des petites amendes pour des dizaines de kilos de marchandise, alors q'en Romandie, des consommateurs sont plus lourdement punis pour des dizaines de grammes. L'avis de la population Les lignes qui vont suivre montrent l'avis général de la population suisse sur les questions liées au cannabis. Les chiffres présentés sont tirés de l'enquête sur le phénomène " cannabis ", réalisée en novembre 2000 par l'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA). Cette enquête montre l'avis de la population par rapport aux quatre modèles qui étaient alors en discussion : tolérance, légalisation, décriminalisation (pour tous ou pour les personnes majeures) et maintien de l'interdiction. Cette étude révèle également les différences notables entre des portions distinctes de la population : jeunes et personnes âgées, hommes et femmes, alémaniques et latins, et également selon le niveau de formation. - Tolérance : Pour 48% Contre 48% Indécis 4% Dans ce modèle, il n'y a aucun changement de la loi en vigueur, mais la consommation de cannabis et les actes liés à son acquisition pour la consommation personnelle sont tolérés. - Légalisation : Pour 50% Contre 45% Indécis 5% Dans ce modèle, en plus de la dépénalisation de la consommation et des actes préparatoires liés à la consommation, la vente devient libre. - Décriminalisation :
Dans ce modèle, la consommation et la détention à des fins de consommation personnelle sont autorisées par la loi. - Maintien de l'interdiction : Pour 42% Contre 54% Indécis 4% Dans ce cas, la loi en vigueur fait foi et aucun changement n'a lieu. Remarque : pour le projet de révision de la LStup, c'est le modèle de décriminalisation qui a été retenu. Ce projet prévoit également la tolérance pour la vente de petites quantités. Jeunes et personnes âgées Sans aucune surprise, les jeunes sont plus favorables aux trois modèles fondés sur la tolérance, la légalisation et la décriminalisation que les personnes âgées. C'est à partir de 45 ans que la tendance libérale diminue nettement. Différence d'attitude entre hommes et femmes Les hommes ont tendance à être plus libéraux que les femmes vis-à-vis du cannabis. Plus de 50% des hommes approuvent les trois modèles " libéraux ", alors que les femmes se prononcent en faveur de ces trois modèles à un peu moins de 50%. L'enquête révèle aussi que 45% des femmes sont favorables au maintien de l'interdiction contre 39% des hommes. Alémaniques, Romands et Tessinois En Suisse alémanique, les modèles de la décriminalisation pour tous et celui de la légalisation sont bien approuvés (58% et 52%), tandis qu'en Suisse romande et au Tessin, seule la décriminalisation pour les personnes majeures est approuvée. Le maintien de l'interdiction est approuvé par 38% des Alémaniques, alors que les Romands sont favorables à 53% et les Tessinois à 54%. Selon le niveau de formation L'enquête de l'ISPA a aussi montré que les personnes bénéficiant d'un niveau de formation élevé ont généralement tendance à mieux accepter les modèles " libéraux " que les personnes disposant d'un niveau de formation moins poussé. Les arguments des opposants et des partisans à une politique plus libérale envers le cannabis Les opposants - les effets sur la santé physique et psychique (système immunitaire, système respiratoire, mémoire, paranoïa, etc) - le pouvoir de dépendance sous-estimé - le cannabis est une drogue d'initiation qui mène aux drogues " dures " - le taux de THC du cannabis est plus élevé qu'auparavant - le cannabis favorise la démotivation et la baisse de performance - le cannabis provoque une certaine délinquance - les effets sur la conduite d'un véhicule - il y aura une augmentation de la consommation s'il y a une libéralisation ![]() Les partisans - l'état actuel des connaissances scientifiques ne permet pas de conclure à une toxicité grave du cannabis. - la toxicité du cannabis est moindre que celle du tabac ou de l'alcool. - le cannabis a un pouvoir de dépendance léger - une libéralisation favoriserait la séparation du marché des drogues " dures " et des drogues " douces ". - l'Etat aurait la possibilité de récupérer un impôt - la répression n'a pas un effet dissuasif - une libéralisation déchargerait la police et le système judiciaire - il faut tenir compte de la réalité sociale ![]() Lorsque l'on regarde les arguments des deux parties, on se rend vite compte que certains d'entre eux sont contradictoires. On peut dès lors se demander si certains arguments ne sont pas mensongers. Ce n'est pas le cas, mais pour certains arguments, ils évitent de préciser certains éléments. Par exemple chez les opposants, on évoque facilement les problèmes de santé liés à la consommation de cannabis, alors que les partisans comparent volontiers la marijuana à des substances licites comme le tabac ou l'alcool. D'autres arguments se basent sur des prévisions d'avenir, et ne sont donc que des hypothèses. Cela nous permet d'en conclure que chaque partie défend ses idées et ses valeurs morales, que ce soit avec des bons ou des mauvais arguments. Et comme c'est souvent le cas en politique, tous les moyens sont bons pour ramener l'opinion publique dans son camp. |
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