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Introduction
Avant de " consommer " ce rapport, arrêtons-nous un instant et observons ! " Le cannabis est différent des autres psychotropes
! "
" Le cannabis provoque des déficiences psychologiques ! " " Le cannabis est à la source de la délinquance ! " " Le cannabis n'est pas un produit nocif pour la santé ! " Toutes ces affirmations sont plus ou moins fausses, elles ne sont en tout cas pas justes. La raison de leur présence ce trouve dans l'information sous-jacente qu'elles véhiculent. Qui ne les a pas entendues lors de discussions sur le sujet ? La confusion qui règne autour de ce thème renforce la complexité d'un débat souvent passionnel. La Suisse et le Cannabis sont-ils voués à un Amour impossible à cause d'un manque de communication ? En réalité, le problème est plus compliqué qu'une simple incompréhension. " Le cannabis est potentiellement dangereux,
et c'est pour ça qu'il est important d'en dépénaliser la consommation
"
Un retour en arrière s'impose ! Les premières traces de cannabis que nous ayons trouvées remontent au IVème millénaire avant J-C, le siècle qui vient de s'achever n'est donc pas une exception dans l'histoire des rapports que l'Homme entretient avec le cannabis. Cette plante ne se résume bien évidemment pas qu'aux produits psychotropes ; les fibres de chanvre sont utilisées pour certains textiles, leur robustesse lui permet d'être présente dans le milieu de la construction et les vertus médicinales de la plante sont utilisées dans le domaine de la santé. Pourtant, ce qui préoccupe actuellement les spécialistes reste l'utilisation " récréative " des fleures de cannabis. Cette plante, de la famille des Cannabinacées, est souvent méconnue par la plus pare des consommateurs.
Longtemps considéré comme un tabou, le débat autour des produits psychotropes se propage en Europe occidentale. Ce débat se voit aujourd'hui animé d'une confrontation directe entre le courant répressive et la pensée libérale. L'un prônant une interdiction totale, s'appuyant sur le pouvoir du système juridique l'autre privilégiant une dépénalisation de la consommation. Il faut souligner que cette mesure permettrait au tiers de la population suisse de ne plus être considéré en tant que criminels aux yeux de la loi. " Le cannabis est un produit psychotrope puissant
à haute dose (…) l'abus, comme pour les autres produits, est dangereux
"
La drogue fait peur et ses adeptes sont souvent considérés comme des délinquants instables et dangereux pour la société. En plus des problèmes personnels incontestables auxquels ils sont confrontés chaque jour, la répression les plonge dans la clandestinité, les obligeants à vivre en marge d'une société étanche au dialogue. Si la répression n'a pas réussi à faire changer les choses, une légalisation tout azimut ne résoudrait rien au problème non plus. Les spécialistes parlent d'une alternative intermédiaire qui préférerait " l'interdit social " à " l'interdit pénal ".
" Nous savons que la toxicomanie n'est pas une maladie ordinaire, que ce n'est du moins pas une maladie qui porte ce nom. C'est le symptôme d'un mal-être et d'un mal-vivre accompagné le plus souvent d'une pathologie sous-jacente spécifique, psychiatrique, psychologique et/ou psychosociale. (…) La médecine parle des "co-morbidités" de la toxicomanie, ce sont des pathologies psychiatriques ou psychologiques qui accompagnent la toxicomanie. Nous pensons maintenant que c'est la toxicomanie qui joue le rôle de "co-morbidité" d'une pathologie psychologique, psychiatrique ou psychosociale. (…) " Les distinctions entre les causes et les effets de l'addiction à un produit sont redéfinies d'après les connaissances actuelles de la psychanalyse. Il faut donc réactualisé l'approche que l'on a des toxicomanes. La société commence à comprendre qu'il faut soigner la maladie qui provoque la toxicomanie et non espérer soigner la toxicomanie en tant que maladie. On en arrive à déduire logiquement que la pénalisation de produits soulageant des souffrances n'est de loin pas la solution adaptée à la situation.
" Le Conseil Fédéral reconnaît que la modification
de la Loi doit impérativement être accompagnée de mesures d'information
et de prévention spécifiques dont il estime le coût à la charge des
cantons à 80 millions de francs. "
La suite de la problématique passe obligatoirement par les aspects économiques liés à la consommation, tant au niveau social (prévention, santé), que commercial (marché noir). Le marché de la drogue, qui échappe encore aux états, représente un flux mondial de capitaux annuel faramineux de cinq cent milliards de dollars par ans. En guise de comparaison, cela représente le budget de la défense américaine. Cette somme permettrait d'annuler la fracture sociale présente entre les Etats dis " développé " et les Etats dis " en voie de développement " sur la période d'une dizaine d'années d'après le rapport publié par la Banque mondiale sur le " Programme de comparaison internationale " paru en 2002.
Un dossier sur le cannabis demande un apport extérieur d'informations, une expérience du monde des addictions. Comme le croquis explique le problème mathématique, l'interview apporte un regard différent à la problématique ; il nous aide à comprendre… Corine Kibora du secteur Médias Prévention de l'ISPA, a accepté de répondre à quelques questions portant sur le " cas cannabis ".
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