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Evolution
du débat sur le cannabis en Suisse
1970 - 1980 : Avec les événements de la fin des années 60 et l'apparition des mouvements hippies, le cannabis est devenu un symbole de contestation dans les années 70. Et c'est donc pendant ces années que les premiers mouvements en faveur de la cause cannabique firent leur apparition. Au début des années 70, d' éminents médecins s'insurgeaient déjà contre le refus de distinguer le cannabis des autres drogues. Dans son message du 9 mai 1973, et en réponse à ces médecins, le Conseil fédéral refusa d'accorder un statut particulier au cannabis par crainte qu'il ne devienne une drogue d'initiation. En 1973, l'équipe rédactionnelle du mensuel satirique genevois Tout va bien demanda à l'autorité cantonale compétente de créer un institut qui étudierait les effets du cannabis sur des sujets volontaires. C'est un membre de ce mensuel, Sylvain Goujon, qui, en 1978, rédigea les bases d'une régie fédérale de la marijuana. C'est également Sylvain Goujon qui, accompagné de quelques amis, créa en 1979 le CHIT (Comité helvétique pour l'introduction du tétrahydrocannabinol). Mais le mouvement pro-cannabis en Suisse n'en était qu'à ses premiers balbutiements et ne suscitait pas encore un vif intérêt chez les politiciens. 1980 - 1990 : Les années 80 ont vu une montée en flèche de la consommation de drogue. L'intérêt politique pour les questions liées à la drogue est donc devenu plus prononcé. En 1980, à Zürich, Walter Portner a fondé le Sekretariat für Rechtgleichheit im Drogenkonsum (Secrétariat pour l'égalité des droits en matière de consommation de drogues), et ce dernier lança une pétition pour la décriminalisation du cannabis. 10'000 personnes ont signé la pétition et l'initiative d'un conseiller national bernois demandant un nouvel examen des questions liées aux drogues est approuvée par le Conseil fédéral. En 1989, un rapport sur les drogues est demandé à la Sous-commission " drogue " de la commission fédérale des stupéfiants. C'est ce rapport qui marque le début des longues discussions sur le statut du cannabis. Mais à part un certain engouement politique sur la question, le véritable débat sur le cannabis ne va commencer qu'au début des années 90. 1990 - 2000 : C'est pendant les années 90 que le " combat " entre les défenseurs de la cause cannabique et les opposants va véritablement commencer. Pour ce qui est des défenseurs de cette cause, on retrouve Sylvain Goujon, Jean-Pierre Egger (avocat rayé du barreau genevois) ou encore Bernard Rappaz (agriculteur valaisan). Toutes ces personnes font partie de l'Association suisse de amis du chanvre (Asac). Les partis de gauche s'engagent également pour la légalisation, alors que la droite reste sur ses positions et continue à s'opposer à une légalisation du cannabis. ![]() Pendant les années 90, deux initiatives sur la question des drogues ont appelé le peuple suisse aux urnes : " Pour une jeunesse sans drogue " et " Droleg ". L'une demandait une interdiction totale, alors que l'autre demandait une légalisation de toutes les drogues. Le peuple a rejeté les deux initiatives. Entre 1992 et 1993, Jean-Pierre Egger a fait quelques " coups " comme la distribution de sept kilos de cannabis devant le palais fédéral ou la distribution de feuilles de chanvre à 120 élèves de l'école genevoise des arts et métiers. Cette dernière action lui valu une condamnation à trois mois de prison ferme. Toutes ces actions furent menées avec la collaboration de Sylvain Goujon. En 1993, l'Office fédérale de l'agriculture autorise la culture de 26'000 m² de chanvre dans le Valais. C'est Bernard Rappaz qui s'occupa de cette plantation. Mais au mois d'août, alors qu'il invitait la population à une dégustation de tisane, la police est venue et a rasé son champ et par la même occasion, l'a mis sous les verrous. ![]() Dès 1994, Jean-Pierre Egger s'est démené pour promouvoir la culture du chanvre en Suisse. Il passa des annonces auprès des agriculteurs, contacta l'Office fédéral de l'agriculture et devint l'avocat de la compagnie Switcho (Swiss Hemp Trading Company). C'est une entreprise américaine dont le siège est au Colorado et la filiale à Lausanne. Elle est spécialisée dans les produits dérivés du chanvre (huile alimentaire,etc) fabriqués exclusivement avec du chanvre suisse. Une centaine d'hectares seront cultivés dans douze cantons pour la production de cette entreprise. Pour Jean-Pierre Egger, cela constitue une re-familiarisation du peuple suisse avec le chanvre. Parallèlement des boutiques spécialisées dans les produits dérivés du chanvre voient le jour, et vendent sous ce couvert des soi-disant sachets odorants ou autres herbes pour infusion (bien sûr destiné à la fumette). Celles-ci vendent également tout le matériel nécessaire à la plantation " maison ". Plusieurs opérations de police ont fait fermer plusieurs boutiques, notamment en Romandie et au Tessin. Les cantons alémaniques sont beaucoup plus tolérants envers ce commerce. Jusqu'à la fin des années 90, le cannabis ne cessera de se banaliser toujours plus : plus de consommateurs, plus de boutiques, plus de plantations, etc. On pourrait presque croire que le cannabis est devenu légal en Suisse. C'est pour tenir compte de cette réalité sociale qu'en 1999 le Conseil fédéral demanda un rapport séparé sur les questions liées au cannabis : c'est le Rapport sur le cannabis de la Commission fédérale pour les questions liées aux drogues. 2001 - 2003 : En ce début de XXIe siècle, l'hypocrisie est de rigueur dans la politique suisse : répression d'un côté, laisser-faire de l'autre. On tolère la vente de cannabis dans des boutiques d'un côté, puis on en ferme de l'autre. On autorise des agriculteurs à planter du chanvre, puis arrivé le moment de la récolte, elles sont réquisitionnées. Par exemple, la ville de Bienne, réputée pour ses boutiques de chanvre, a vu un bon nombre de ses boutiques fermer en 2002. Serait-ce dû à une volonté de rendre la ville plus " propre " pour Expo.02 ? Bizarrement, après l'Expo, la plupart de ces boutiques ont rouvert. Entre temps, un projet de révision de la loi sur les stupéfiants a été déposé au Parlement le 9 mars 2001. Il fut adopté à 32 voix contre 8 par le Conseil des Etats le 12 décembre 2001. Le 24 septembre 2003 eu lieu un débat d'entrée en matière sur la question au Conseil National. Il a abouti le 25 septembre à un refus d'entrer en matière |
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