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  9. Conclusion
    Consommation et usages du cannabis


    Consommation récréative




    Le cannabis est devenu un élément important des festivités en tout genre. On le retrouve aussi après une grande journée de travail pour se détendre et décompresser. On peut appeler cela une consommation récréative. Cette utilisation récréative est basée sur la recherche de plaisir, de la convivialité, de la sensation d'ivresse et de l'envie de s'éclater. C'est l'effet euphorisant du produit qui est recherché avant tout. On peut tout aussi bien retrouver le cannabis lors d'un souper entre amis, lors d'un concert, pendant les vacances et encore avant ou après le sport. Rappelons qu'un lieu festif a vite tendance à devenir un lieu d'excès (celui qui boira le plus ou qui fumera le plus).

    D'autre part, " l'usage récréatif, irrégulier, d'un produit psychotrope, même puissant, peut être quasi inoffensif s'il est consommé à titre récréatif et avec une grande prudence par une personnalité, en général adulte, bien structurée. "

    Résumé : Usage récréatif

    - Consommations irrégulières
    - Quasi toujours en groupe, pour le " fun ".
    - Le cannabis prend peu de place dans la réalité et dans l'imaginaire.
    - La " vie va bien "
    - PEU DE DANGER !


    Consommation non récréative

    Le cas de l'utilisation non récréative du cannabis, où la fréquence de consommation augmente pour combler un certain mal-être social, physique ou psychique, dépend du caractère et de l'état d'esprit de l'individu. Cette consommation est principalement vue chez les adolescents. Dans le cadre de ce mal-être à l'adolescence, la rencontre avec des produits psychotropes potentiellement puissants, principalement le cannabis et l'alcool, peut paraître amener une solution à l'inconfort d'affronter la problématique du moment. C'est alors que le plaisir de consommer du cannabis ne devient plus un usage récréatif mais banal. Si le plaisir devient celui d'un soulagement que l'on peut reproduire encore et encore, en consommant un produit qu'on a l'illusion de pouvoir maîtriser, peut ouvrir la voie aux conduites de la dépendance. La consommation d'alcool et de cannabis est massive en suisse mais l'usage non récréatif, donc problématique et abusif, est relativement rare.

    Résumé : Usage non récréatif

    - Consommation quotidienne et régulière.
    - Fume seul et avec des amis.
    - A déjà eu des ennuis à cause du cannabis (police, école, accident de circulation, de travail etc.) ou chute scolaire, voire désinsertion professionnelle.
    - Grande importance du cannabis qui envahit la réalité et l'imaginaire. Peu d'autres intérêts. Baisse de l'élan vital, chute scolaire, isolement.
    Le cannabis devient automédication.
    ATTENTION: TOXICOMANIE.


    Différentes préparations

    La consommation de cannabis répond à certaines règles dont l'apprentissage est indispensable. En Suisse, le mode de consommation principal est le joint (cigarette associant tabac) et le haschich, que l'on trouve moins facilement, est d'origine marocaine.
    Le cannabis ne se fume pas comme du tabac. Pour obtenir les effets psychotropes recherchés, il s'agit d'inhaler profondément et de retenir le plus longtemps possible l'air inspiré, afin que les effets psychoactifs puissent être maximaux. C'est pourquoi il est plus souvent inhalé que mangé. Cet apprentissage est favorisé par la consommation en groupe du cannabis, groupes dans lesquels entrent en jeu convivialité et rituels.
    Le cannabis se présente sous différentes formes, dont la préparation et le mode de consommation sont très variables. Quand on parle du terme "cannabis" il n'est pas directement synonyme de "haschich", de même que la "marijuana" et le "kif" ne sont pas du "haschich". (voir tableau)
    Les principales formes de cannabis sont l'herbe, donc la fleur de la plante femelle, et le haschich, appelé plus couramment " shit ". Le cannabis peut se consommer aussi sous forme d'huile ou d'essence de cannabis. L'herbe et le haschich on plus ou moins les même façon de se consommer. Ils peuvent être fumés dans une cigarette roulée, dans une pipe, une pipe à eau (bang en langage courant) ou dans un shiloom. Une nouvelle façon de consommer du cannabis, qui est arrivée récemment, serait d'utiliser une pipe à eau et de chauffer le produit à une certaine température pour en inhaler que les vapeurs de 9THC. Il n'y aurai pas combustion donc cela serait moins dangereux. L'herbe peut également être infusée comme tisane ou mangée dans une pâtisserie (l'herbe étant chauffée dans du beurre ou du lait, pour extraire le 9THC, puis mélangé à la pâte). Le haschich ne peut pas être infusé mais il en général fumé ou consommé dans des pâtisseries ou des yaourts.
    En ce qui concerne l'huile : L'huile est un maxi concentré de haschisch (obtenu à l'aide d'alcool ou de solvant), d'ailleurs considérée comme une drogue " dure ". C'est un liquide allant du vert foncé au noir, visqueux et ressemblant à du goudron. Elle est en général ajoutée au joint ou au tabac.




    Bang Shiloom  Pipe 


    Enfin, l'essence de haschich est obtenue par distillation d'un broyât de cannabis dans un solvant organique porté à ébullition. Le processus est répété à plusieurs reprises après renouvellement du chanvre. Une concentration est obtenue par évaporation. D'une forte teneur en principe actif, il est en général absorbé sous forme de gouttes, sur une cigarette, sur un joint, dans de l'alcool, voire injecté par voie intraveineuse. Un litre est obtenu à partir de seize kilogrammes de cannabis frais et de vingt litres d'alcool. Elle est à distinguer de l'huile.


    Principales préparations des produits du cannabis



    Statistique de consommation

    Type d'usage (étude ISPA sur 16000 personnes, novembre 2000)

    En Suisse, 27% des sujets entre 15 et 74 ans ont fumé au moins une fois un joint dans leur vie;
    25% des jeunes entre 15 et 24 ans consomment occasionnellement (10% des personnes entre 25 et 44 ans.)
    La plupart du temps, l'usage est intermittent ou limité à une période de la vie des sujets: la plupart des usagers ont arrêté leur consommation vers 25 à 30 ans et la consommation quotidienne se maintient rarement au-delà d'une année en Europe.
    En Suisse: 6.5% des adolescents de 15-19 ans et 5 % des 20-24 ans consomment du cannabis chaque jour.
    5% des adolescents de 15-19 ans et 6 % des 20-24 ans consomment du cannabis chaque semaine, c'est-à-dire de manière souvent problématique.
    On considère comme gros consommateur un sujet qui utilise du cannabis quotidiennement ou presque (à cause de la teneur variable en THC du cannabis). Ce type de gros consommateur s'expose à de plus grands risques si cette consommation s'étale sur plusieurs années, tant pour sa santé physique que psychique et sociale.


    Pourquoi ?

    En Suisse, pour les aînés (45 ans et plus), fumer du cannabis est un acte de rébellion dans 53% des cas.
    Ce chiffre tombe à 38% chez les 15-24 ans qui considèrent le cannabis comme un remède à 46%.
    Pour les jeunes et jeunes adultes qui consomment actuellement du cannabis 65% le considèrent comme un remède, un moyen de lutter contre le stress de la vie quotidienne.
    Plus que 25% considèrent encore le cannabis comme un acte de rébellion.