La Maman verte

 

En ces temps de rŽchauffement climatique et de perspectives catastrophiques pour la plante, il est bon de reparler de la Kenyane Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004 pour son action Žcologiste. DĠune part parce quĠelle est la premire Africaine ˆ recevoir un prix Nobel, dĠautre part parce que son action dŽmontre, sĠil en est encore besoin, le pouvoir de chacun-e.

 

Une pionnire africaine

NŽe en 1940 ˆ Nyerere (Kenya), Wangari Muta Maathai est la femme des premires : premire docteure en sciences dĠAfrique de lĠEst et dĠAfrique Centrale, premire professeure ˆ diriger une section, premire prix Nobel. Elle fit ses Žtudes en biologie aux Etats-Unis au Mount St. Scholastica College ˆ Atchison (Kansas), puis eut un mastre de lĠuniversitŽ de Pittsburgh (1966), partit pour lĠAllemagne avant dĠobtenir son doctorat de lĠuniversitŽ de Nairobi (1971) o elle Žtudia Žgalement les sciences vŽtŽrinaires. Cheffe de la section sciences vŽtŽrinaires et professeure associŽe, Wangari Maathai sĠengagea en 1976 dans le Conseil national de Femmes du Kenya et en devint la prŽsidente de 1981 ˆ 1987. CĠest en 1977 quĠelle propose ce qui deviendra le mouvement Ceinture verte (Green Belt Movement) : un reboisement de lĠAfrique. Elle se consacre alors aux organisations venant de la base (grass-roots). Le mouvement se propose de favoriser la biodiversitŽ et de donner du pouvoir aux femmes et aux pauvres. Vingt millions dĠarbres seront replantŽs permettant ainsi aux femmes dĠavoir du bois de chauffage sans dŽsertifier leur environnement car ici Çles femmes sont les uniques responsables des enfants et elles ne peuvent pas attendre, perdre leur temps en regardant leurs enfants mourir de faim.È En 1986 le mouvement sĠest Žtendu dans plusieurs Žtats africains. CĠest ainsi quĠelle fait des Žmules en Tanzanie, en Ouganda, en Ethiopie, au Malawi, au Lesotho, au ZimbabweÉ

 

Une vie de militance

Son action ne pla”t pas ˆ tous et elle est arrtŽe et emprisonnŽe en 1991, une campagne de lettres de protestation sera mise en place par lĠorganisation Amnesty International. En 1999, elle sera victime de coups et blessures ˆ la tte alors quĠelle plantait des arbres dans la fort de Karura. Le prŽsident Daniel Arap Moi la fera arrter de nombreuses fois mais elle lui rŽpond en disant :ÇLĠEtat croit quĠen me menaant et en me frappant, il peut me rŽduire au silence mais jĠai une peau dĠŽlŽphante. Et il faut bien que quelquĠune parle haut et fort.È Elle encourage les Africaines ˆ tre fires de ce quĠelles sont, Lj comprendre que leur manire dĠtre est une force en soi et ˆ se libŽrer du silence et de la peurÈ.

En 1997, Wangari Maathai se prŽsente ˆ la prŽsidence du Kenya mais son parti retire sa candidature quelques jours avant lĠŽlection et ce sans la prŽvenir. Il sĠen faut dĠune voix pour quĠelle soit Žlue au parlement. LĠannŽe suivante, elle prend fait et cause contre un projet dĠhabitations de luxe soutenu par le prŽsident du Kenya car ce projet entra”ne une forte dŽforestation.

En 1998, elle lance la campagne Jubile 2000 qui demande que les pays pauvres soient exemptŽs du remboursement de la dette avant lĠan 2000.

 

De la prison au ministre

En dŽcembre 2002 Wangari Maathai est Žlue au parlement avec plus de 98% des voix. Elle est alors nommŽe secrŽtaire dĠEtat ˆ lĠEnvironnement, aux ressources naturelles et ˆ la vie sauvage par le nouveau prŽsident Mwai Kibabi. Elle est Žgalement membre du conseil consultatif pour les questions de dŽsarmement auprs du secrŽtaire gŽnŽral des Nations Unies. Un film de 30 minutes The Quiet Revolution a ŽtŽ rŽalisŽ sur sa vie et son action , il peut tre obtenu auprs de lĠONU (Resources for the UN Decade of Education for Sustainable Development). Il existe une version en franais. Son message est :ÇNous pouvons travailler ˆ lĠavnement dĠun monde meilleur avec toutes les femmes et les hommes de bonne volontŽ, avec celles et ceux chez qui la bontŽ humaine vit. Pour ce faire, le monde a besoin dĠune Žthique globale dont les valeurs permettent de donner un sens aux expŽriences humaines et qui, mieux que les institutions religieuses ou les dogmes, fasse vivre la dimension non matŽrielle de la vie. Les valeurs universelles de lĠhumanitŽ sont lĠamour, la compassion, la solidaritŽ, les soins, la tolŽrance. Elles doivent former la base de notre Žthique afin de faire partie intrinsque de la culture, de la politique, du commerce, de la religion et de la philosophie. Elles doivent Žgalement tre celles de la famille des Nations Unies.È

 

ThŽrse Moreau