L'Epistre ˆ la Reine de Christine de Pizan (1405)
Majestueuse, puissante et rŽvŽrŽe souveraine, ma dame Isabeau, reine de France par la gr‰ce de Dieu.
Trs noble, puissante et rŽvŽrŽe reine,
Que Votre Haute MajestŽ veuille ne point mŽpriser ni dŽdaigner la voix ŽplorŽe de sa misŽrable servante, Christine, mais qu'elle condescende ˆ entendre ces paroles dictŽes par un sentiment sincre qui ne cherche qu'ˆ faire le bien. Vous pourriez certes croire qu'une personne aussi humble, indigne et ignorante que moi-mme ne devrait pas se mler d'affaires aussi graves. Toutefois, il est assez normal que la personne qui souffre de quelque mal en cherche instinctivement le remde : c'est le cas, en effet, des malades qui recherchent par tous les moyens la guŽrison, ou bien des affamŽs qui courent aprs la nourriture, et ainsi tout mal appelle son remde. C'est pourquoi je vous prie, trs noble dame, de ne point vous Žtonner si c'est vers vous que l'on se tourne, vous qui pouvez tre - tous le pensent et le disent - le remde et la cure souveraine pour obtenir la guŽrison de notre royaume aujourd'hui si meurtri, si gravement blessŽ, et en passe du pire. Car si c'est ˆ vous que l'on s'adresse, ce n'est point pour voler au secours de quelque pays Žtranger, mais ˆ celui de votre propre terre et du lŽgitime hŽritage de vos nobles enfants. Certes, ™ noble et rŽvŽrŽe souveraine, vous tes d'une assez grande sagesse pour vous informer des affaires et comprendre ce qui doit tre fait. Il n'en demeure pas moins que vous vivez dans les hautes sphres royales, et qu'entourŽe d'honneurs, vous devez passer par autrui pour conna”tre le cours ordinaire des choses qui agitent, en actes comme en paroles, vos sujets. Aussi, noble reine, ne vous offensez pas de m'entendre me faire l'Žcho de la malheureuse plainte des Franais en deuil qui du fond de leur tristesse et de leur dŽsespoir vous supplient ; il font monter vers vous, leur noble et rŽvŽrŽe souveraine, leur humble voix ŽplorŽe et prient, pour l'amour de Dieu, que votre noble cÏur soit touchŽ de pitiŽ par leur dŽtresse et leur misre. Puissiez-vous donc tre l'ambassadrice qui obtiendra et rŽtablira dans les plus brefs dŽlais la paix entre ces deux grands princes du sang, cousins que la nature voue ˆ l'amitiŽ mais qu'une fortune perverse pousse actuellement au conflit. C'est une chose bien humaine et d'ailleurs ordinaire - il arrive mme que pre et fils se querellent -, mais persŽvŽrer dans cette discorde serait diabolique. Et si cela devait advenir, il en rŽsulterait deux grands et terribles malheurs et pertes. Tout d'abord, cela entra”nerait rapidement et inŽluctablement l'anŽantissement du royaume, car ainsi que le dit Notre Seigneur dans l'ƒvangile : Ç Le royaume qui est divisŽ contre lui-mme sera dŽvastŽ È. Il en na”trait, d'autre part, entre les enfants et hŽritiers de la noble maison de France une haine vivace qui empirerait avec le temps - eux qui furent jusqu'ˆ ce jour soudŽs comme un seul corps pour servir de pilier et de rempart ˆ ce royaume, que de si longue date, et prŽcisŽment pour cette raison, on dit fort et puissant.
ï noble et rŽvŽrŽe souveraine ! Veuillez noter et garder prŽsent en mŽmoire ces trois immenses gains et avantages que vous vaudrait le rŽtablissement de la paix civile. C'est votre ‰me qui rŽcolterait le premier fruit, puisque c'est ˆ vous que reviendrait l'Žclatant mŽrite d'avoir pu empcher une effusion de sang si effroyable et si honteuse au sein du peuple trs chrŽtien de France et de ce royaume Žtabli par Dieu, en mme temps que tous les autres dŽsastres qui ne manqueront pas de se produire si on permet ˆ une telle abomination de perdurer. Le deuxime avantage serait d'avoir apportŽ la paix civile et d'avoir rŽtabli dans leurs biens votre noble progŽniture et leurs loyaux sujets. Le troisime avantage n'est pas ˆ mŽpriser, puisque votre nom serait louŽ ˆ tout jamais, et que vous seriez citŽe en exemple dans les chroniques et la noble histoire de France, et recevriez la double couronne de l'honneur avec l'amour, la dŽvotion et la profonde gratitude de vos fidles sujets.
Et - ™ rŽvŽrŽe souveraine ! - mme en admettant que, selon le droit, Votre Altesse pžt s'estimer tant soit peu lŽsŽe par l'une ou l'autre des parties en cause - et qu'alors votre cÏur altier fžt peu enclin ˆ se charger de nŽgocier la paix ; alors, trs noble reine, n'est-ce point souvent - mme pour les plus puissants - faire preuve de grande sagesse que d'oublier un peu son bon droit pour Žviter un prŽjudice plus grave ou pour faire une Ïuvre plus utile et plus profitable ? ï puissante souveraine ! L'histoire n'est-elle pas pleine d'exemples ˆ suivre, de devancires qui surent comment se conduire face ˆ l'adversitŽ ? Je rappellerai ainsi cette trs noble princesse de Rome dont le fils avait ŽtŽ chassŽ ˆ tort et banni sans motif par les autoritŽs de la ville ; pour se venger d'un tel affront, celui-ci avait rassemblŽ une armŽe suffisamment puissante pour tout dŽtruire. On vit alors cette noble femme venir au-devant de son fils, malgrŽ l'affront subi, et utiliser tout son pouvoir pour apaiser sa colre et le rŽconcilier avec les Romains. HŽlas, noble reine ! O donc chercher pitiŽ, charitŽ, clŽmence et bontŽ si ces belles vertus ne se rencontraient plus chez une grande princesse ? Puisqu'elles font partie de la nature fŽminine, il serait plus normal de les trouver chez une grande dame, dans la mesure o celle-ci reoit de Dieu davantage de dons. Et, toujours au sujet du devoir qui incombe aux hautes princesses et aux nobles dames d'tre les intermŽdiaires dans les nŽgociations de paix, les nobles dames louŽes par les Saintes ƒcritures illustreront bien mon propos. C'est ainsi que la sage et courageuse reine Esther sut, gr‰ce ˆ son discernement et sa bontŽ, apaiser la colre du roi AssuŽrus et lui fit rŽvoquer la sentence de mort qu'il avait prononcŽe contre le peuple juif. Et BethsabŽe ne parvint-elle pas, elle aussi, ˆ souvent apaiser la colre de David ? Il y eut encore cette courageuse reine qui conseilla ˆ son mari, incapable de vaincre ses ennemis par la force des armes, de prendre exemple sur les bons mŽdecins qui, voyant que les potions amres ne guŽrissent pas leurs malades, leur en prescrivent des douces. C'est ainsi que cette sage reine parvint ˆ le rŽconcilier avec ses ennemis.
On pourrait multiplier ˆ l'envi les exemples de reines renommŽes pour leur sagesse ou au contraire pour leur mŽchancetŽ, leur cruautŽ et leur dŽpravation, comme la perfide reine JŽzabel et toutes ces crŽatures dŽnaturŽes que leur perversitŽ condamne aujourd'hui et pour toujours ˆ tre mŽprisŽes, maudites et damnŽes. Mais je n'en parlerai pas pour ne pas alourdir le texte. Toutefois je citerai encore pour appuyer mes dires sur les reines vertueuses un exemple plus proche de nous. Quand les nobles de la cour se disputaient la rŽgence du royaume de France, ne vit-on pas la trs sage et trs vertueuse reine Blanche de Castille, mre de Saint Louis, prendre dans ses bras son fils mineur pour le montrer ˆ chacun en disant : Ç Ne voyez-vous donc pas votre roi ? Ne faites rien dont il puisse vous tenir rigueur quand il aura, par la gr‰ce de Dieu, atteint l'‰ge de rŽgner È. C'est ainsi que sa sagesse rŽtablit la paix parmi eux.
ï noble reine ! Loin de moi l'intention de vous offusquer par mes paroles, mais je dois encore vous dire qu'une reine sage et vertueuse doit pouvoir porter pour tous ses sujets et tout son peuple les titres de mre nourricire et avocate, ˆ l'instar de la Reine des cieux, la mre de Notre Seigneur, dont on dit qu'elle est mre de la ChrŽtientŽ tout entire. Ah ! mon Dieu ! Quelle mre, ˆ moins d'avoir un cÏur de pierre, serait assez dure pour accepter de voir ses enfants s'entretuer et se massacrer les uns les autres, en s'Žgorgeant et en se dŽchirant ! Sans oublier les ennemis qui se prŽcipiteraient de partout pour les persŽcuter cruellement et s'emparer de leurs hŽritages ! Car voilˆ, ™ puissante souveraine, ce qui arriverait, n'en doutez pas, si ces querelles intestines devaient continuer - que Dieu nous en prŽserve ! En effet, il est hors de doute que les ennemis du royaume, trop heureux de la circonstance, s'abattraient de toutes parts et en force pour dŽvaster le pays. Ah ! mon Dieu ! Quel malheur que de voir dŽtruire un si noble royaume et pŽrir tant de beaux chevaliers ! HŽlas ! Verra-t-on notre malheureux peuple payer pour des crimes dont il est innocent ? Verra-t-on les pauvres nourrissons et les petits enfants mourant de faim pleurer auprs de leurs mres endeuillŽes dans leur veuvage et, ayant perdu tous leurs biens, incapables de soulager leurs souffrance ? Mais comme on le voit dans plusieurs passages des Saintes ƒcritures, la clameur de l'innocence qui perce les cieux pour monter jusqu'au Dieu de MisŽricorde fait retomber la vengeance divine sur les coupables.
De plus, quelle honte pour ce royaume si les pauvres, privŽs de toute ressource, devaient s'en aller mendier leur pain en pays Žtranger en racontant comment ceux qui devaient les protŽger auraient provoquŽ leur perte ! Mon Dieu ! Comment laver un tel opprobre et rŽparer un tort jusqu'alors inconnu dans ce noble royaume ! Car nous voyons dŽjˆ, noble souveraine, les prŽmisses fatales de cette catastrophe. Elle s'abat dŽjˆ sur nous ! Nombreuses en sont aujourd'hui les victimes ruinŽes et spoliŽes de tout bien ! Le nombre des malheureux va augmentant de jour en jour, ˆ tel point que c'est pitiŽ pour toute personne chrŽtienne.
Et encore, s'il se trouvait un prince ou une princesse au cÏur si endurci par le pŽchŽ que ni Dieu ni des malheurs aussi terribles ne l'affecteraient en rien, elle ou il devrait, ˆ moins d'tre entirement folle ou fou, se rappeler au moins que la roue de Fortune a vite fait de tourner et qu'elle peut en un instant bouleverser le cours de la vie. Et Dieu sait si les revers de Fortune sont redoutables ! La reine Olympias, mre d'Alexandre le Grand, aurait-elle pu imaginer au temps de sa splendeur, lorsque le monde entier se prosternait ˆ ses pieds pour lui obŽir, que Fortune ežt pu, un jour, la faire tomber dans l'Žtat misŽrable et honteux qui fut le sien ˆ la fin de sa vie ? Ne pourrait-on pas en dire autant de bien d'autres ? Mais qu'arrive-t-il, au fait, lorsque Fortune rŽserve un tel accueil ˆ quelque puissant seigneur ou dame ? Si cette personne n'a pas sagement vŽcu, si elle n'a pas suivi les prŽceptes d'amour, de pitiŽ et de charitŽ qui valent la gr‰ce de Dieu et la bienveillance du monde, alors les moindres dŽtails de sa vie et de ses actions sont rendus publics, pour sa plus grande honte. Ainsi la chasse-t-on comme on le ferait d'un chien : tous crient haro sur elle, cherchant ˆ l'Žloigner en proclamant haut et fort qu'elle l'a bien mŽritŽ.
Trs noble et trs rŽvŽrŽe souveraine, on pourrait vous rŽpŽter ˆ l'infini les raisons pour lesquelles vous devez nous prendre en pitiŽ et ramener la paix civile, et rien de tout cela n'Žchappe ˆ votre perspicacitŽ. Je terminerai donc ici ma supplique en espŽrant qu'elle trouve gr‰ce aux yeux de Votre Haute MajestŽ, et qu'Žmue par cette missive, elle agira en faveur des Franais, ses malheureux et loyaux sujets. Et comme c'est une plus grande preuve de charitŽ que de donner au pauvre un morceau de pain en temps de famine et de disette que de lui donner tout un pain en temps de richesse et d'abondance, veuillez, en ces temps de malheur, accorder ˆ votre peuple la modeste aum™ne de vos paroles et la gr‰ce de votre intervention souveraine. C'est ainsi, si vous y consentez, que vous calmerez leur faim de paix, que vous remŽdierez ˆ leurs souffrances, et que vous serez dans leurs prires. Que Dieu, dans son infinie bontŽ, vous prte vie et force pour mener ˆ bien cette mission, et bien d'autres t‰ches encore. Qu'il vous ouvre encore, le jour venu, les portes du paradis Žternel !
ƒcrit le 5 octobre en l'an de gr‰ce 1405.
Votre humble et obŽissante servante,
Christine
Mise en situation historique du texte
NŽe ˆ Venise en 1365, Christine de Pizan fut Ç translatŽe È au pays de France vers l'‰ge de quatre ans, son pre ayant acceptŽ la charge d'astrologue Ç phisicien È du roi Charles V. A l'‰ge o on avait Ç l'habitude de marier les filles È, c'est-ˆ-dire ˆ quinze ans, elle Žpousa ƒtienne Castel, l'un des secrŽtaires du roi. Ces circonstances lui permettront d'accŽder au savoir, ˆ une formation professionnelle, ˆ l'Žcriture, ˆ un public de lettrŽ-e-s et de puissant-e-s. Elle vŽcut dix ans dans les plaisirs et l'insouciance ˆ Ç la cour d'HymŽnŽe È. Ë la mort de son mari, dŽcŽdŽ en mission ˆ Beauvais en 1390, il lui fallut surmonter son dŽsespoir pour faire vivre ses trois enfants et sa large Ç maisonnŽe È ou clientle. Elle raconte sa mŽtamorphose dans un passage cŽlbre de la Mutacion de Fortune. DŽsormais elle se voue aux lettres, et les cours royales deviendront son public naturel. Connue tout d'abord pour ses poŽsies, elle s'intŽresse ds 1400 avec son Epistre Othea ˆ l'Žducation du prince. Puis la fameuse querelle du Roman de la Rose rend primordiaux pour elle des thmes dŽjˆ prŽsents dans sa poŽsie et qui deviendront, par la suite, ceux de la cause fŽministe : la dŽfense des femmes contre la diffamation misogyne, la dŽnonciation de la violence et de la fourberie masculines, le droit ˆ l'Žducation et ˆ l'autonomie personnelle. A cette Žpoque, Christine vit de sa plume et probablement de sa charge de chambrire de la reine Isabeau. On sait qu'elle vŽcut dans l'entourage de celle-ci jusqu'en 1410, dans des conditions toutefois difficiles ˆ apprŽcier. Du point de vue politique, Christine appartient au camp rŽformateur dont la voix la plus Žloquente est celle du chancelier Jean Gerson.
Ç Tu vis ˆ une mauvaise Žpoque È, lui dit Dame Oppinion dans son Avision. En effet, en 1392 une crise de rgne, qui durera trente ans, dŽbute lorsque le roi Charles VI, traversant la fort du Mans, est terrassŽ par la folie. Ds lors, c'est autour du dauphin et de son Žducation que se cristallise la lutte pour le pouvoir : oncles, cousins, neveux, reine (mre) et leurs partisans s'affrontent en deux camps o l'on voit les Bourguignons, dŽfenseurs intŽressŽs de la bourgeoisie et du peuple, opposŽs aux Armagnacs qui soutiennent Louis d'OrlŽans et sa belle-soeur - peut-tre dŽjˆ sa ma”tresse - la reine Isabeau. En arrire-plan de cette lutte, la guerre qu'on appellera de Ç Cent ans È mobilise contre la lignŽe du roi de France les autres hŽritiers - lŽgitimes par la filiation fŽminine - que sont les rois d'Angleterre. Christine consacrera toute une sŽrie d'ouvrages aux maux engendrŽs par cette guerre endŽmique : outre L'Epistre ˆ la Reine (1405), on retiendra La Lamentacion sur les maux de la guerre civile (1410), Le Livre de la Paix , (1413), dŽlaissŽ prŽmaturŽment en 1412 Ç pour cause de matiere de paix defaillie È, puis le DitsiŽ de Jeanne d'Arc rŽdigŽ en 1430, aprs neuf annŽes de silence passŽes dans une Ç abbaye close È.
L'Epistre ˆ la Reine est prŽfacŽe, dans les recueils prŽparŽs sous les ordres de Christine, par les lignes suivantes : Ç Christine de Pizan, autrice de ce livre, envoya l'Žp”tre que voici ˆ la reine de France, alors que celle-ci sŽjournait ˆ Melun en la compagnie du duc d'OrlŽans qui y levait une forte armŽe pour se battre avec le duc de Bourgogne et ses fils le duc de Limbourg et le comte de Nevers qui, ˆ Paris, avaient rassemblŽ pareillement tous les hommes possibles. Et il y avait, de part et d'autre, au moins dix mille combattants ; et si Dieu n'y avait pas portŽ remde, cela aurait entra”nŽ la destruction de la bonne ville de Paris et du royaume tout entier. Mais, gr‰ce ˆ Dieu et ˆ l'aide du roi de Sicile et de Navarre, des ducs de Berry et de Bourbon ainsi qu'ˆ celle du Conseil royal, on rŽtablit une paix juste et honorable, et les deux armŽes purent se retirer sans provoquer aucun incident dŽsastreux È. Cette paix ne sera malheureusement qu'une trve et Christine reprendra la plume, cinq ans plus tard, pour pleurer les maux de la guerre civile.
On retrouve dans L'Epistre ˆ la reine toute une problŽmatique chre ˆ Christine sur le pouvoir et les femmes : le souci de l'intŽgritŽ du royaume, l'importance de la lignŽe, l'intŽrt des femmes pour la chose publique identifiŽe ici ˆ la famille, la valorisation des vertus irŽniques, le mŽpris de la force indue, le sens de la communautŽ nationale, le souci du matrimoine, l'idŽe de la gloire personnelle, la pensŽe d'une communautŽ historique de femmes. RŽdigŽe quelques mois aprs La CitŽ des Dames, cette Žp”tre illustre l'importance que Christine attachait tant ˆ son propre r™le d'Žcrivaine qu'ˆ celui de la reine Isabeau, toutes deux emblŽmatiques de la contribution des femmes ˆ l'Ïuvre de civilisation.
Bibliographie
Ouvrages de Christine de Pizan
en moyen franais
HICKS, E., Žd., Le DŽbat sur le Roman de la Rose, Paris, Champion (Bibliothque du XVe Sicle, XLIII), 1996 [1977].
KENNEDY, A. J., Žd., Ç Christine de Pizan's Epistre ˆ la Reine È, in Revue des langues romanes, XCII (Christine de Pizan), 1988, pp. 253-264.
KENNEDY, A. J., Žd., La Lamentacion sur les maux de la France de Christine de Pisan, in MŽlanges de langue et de littŽrature franaise du moyen ‰ge et de la Renaissance offerts ˆ Charles Foulon, par ses collgues, ses Žlves et ses amis, pp. 177-185, Rennes, Institut de Franais, UniversitŽ de Haute-Bretagne, 1980.
KENNEDY, Angus J. et KENNETH Varty, DitiŽ de Jehanne d'Arc, Oxford, Society for the Study of Medi¾val Languages and Literature (Medium ®vum Monographs, n. s., IX), 1977.
WILLARD, C. C., Žd., The Ç Livre de la Paix È of Christine de Pisan: A Critical Edition with Introduction and Notes, `s-Gravenhage, Mouton, 1958.
WILLARD, C. C. et E. HICKS, Žd., Le Livre des Trois Vertus, Paris, Champion (Bibliothque du XVe Sicle, L), 1989.
en traduction moderne
HICKS, E. et T. MOREAU, Ç Christine de Pizan È [morceaux choisis, dont un important extrait de la Lamentacion sur les maux de la guerre civile], in Patrimoine littŽraire europŽen : anthologie en langue franaise, Žd. Jean-Claude Polet, Bruxelles, De Boek, vol. IV (PrŽmices de l'humanisme 1400-1515), 1995, pp. 130-143.
HICKS, E. et T. MOREAU, trad., La CitŽ des Dames, Paris, Stock/Moyen Age, 1996 [1986].
HICKS, E. et T. MOREAU, trad., Le Livre des Faits et bonnes mÏurs du roi Charles V Le Sage, Paris, Stock/Moyen Age, 1997.
Recueils d'Žtudes, colloques
Politics, Gender and Genre: The Political Thought of Christine de Pizan, Žd. Margaret Brabant, Boulder, San Francisco et Oxford, Westview Press, 1992.
Reinterpreting Christine de Pizan, Žd. Earl Jeffrey Richards, Joan Williamson, Nadia Margolis et Christine Reno, Athens (GA) et London, The University of Georgia Press, 1992.
The City of Scholars: New Approaches to Christine de Pizan, Žd. Margarete Zimmermann et Dina De Rentiis, Berlin et New York, Walter de Gruyter, 1994.
Une femme de Lettres au moyen ‰ge : Žtudes rŽunies autour de Christine de Pizan, Žd. Liliane Dulac et Bernard RibŽmont, OrlŽans, Paradigme, 1995.
Les actes d'un important colloque sur Christine de Pizan: Texts/Intertexts/ Contexts, tenu ˆ l'UniversitŽ de Binghamton (NY) en octobre 1996, sont actuellement en cours de publication (Žd. Marilynn Desmond).
Etudes d'objet particulier
CARROLL, B. A., Ç Christine de Pizan and the Origins of Peace Theory È, in Women's Political Writings in the Early Modern Period, Žd. Hilda L. Smith, Cambridge (UK), Cambridge University Press, ˆ para”tre [1997].
HICKS, E., Ç The Political Significance of Christine de Pizan È, in Politics, Gender and Genre, pp. 7-15.
HICKS, E., Ç Une femme dans le monde : Christine de Pizan et l'Žcriture de la politique È, in L'Hostellerie de pensŽe : Žtudes sur l'art littŽraire au moyen ‰ge offertes ˆ Daniel Poirion par ses anciens Žlves, Žd. Michel Zink, Danielle Bohler, Eric Hicks et Manuela Python, Paris, Presses de l'UniversitŽ de Paris-Sorbonne (Cultures et Civilisations MŽdiŽvales, XII), 1995, pp. 233-243.
LEPPIG, L., Ç The Political Rhetoric of Christine de Pizan: Lamentacion sur les maux de la guerre civile È, in Politics, Gender and Genre, pp. 141-156.
MARGOLIS, N., Ç ÒThe Cry of the ChameleonÓ: Evolving Voices in the Epistles of Christine de Pizan È, in Disputatio, I, 1996, pp. 37-70.
RICHARDS, E. J., Ç Seulette a part: The ÒLittle Woman on the SidelinesÓ Takes Up her Pen: The Letters of Christine de Pizan È, in Dear Sister: Medieval Women and the Epistolary Genre, Žd. Karen Cherewatuk et Ulrike Wiethaus, Philadelphia, (PA), University of Pennsylvania Press, 1993, pp. 138-170.
THOMASSY R., Essai sur les Žcrits politiques de Christine de Pisan suivi d'une notice littŽraire et de pices inŽdites, Paris, DebŽcourt, 1838.
ZIMMERMMAN M., Ç Vox Femina, Vox Politica: The Lamentacion sur les maux de la France È, in Politics, Gender and Genre, pp. 113-127.
© ƒric HICKS et ThŽrse MOREAU, Ç L'Epistre ˆ la Reine de Christine de Pizan (1405) È, Clio, numŽro 5/1997, Guerres civiles,