Golda Meir: La Grand-mre d'Isra‘l
Golda Mabovitch (1898-1878) est nŽe ˆ Kiev o elle vŽcu quelques annŽes. Elle ne conserva que peu de souvenirs de Kiev ou de Pinsk si ce n'est des Òimages de peurÓ* et de Ògrande pauvretŽÓ. Elle sut vite ce qu'Žtait un pogrom et la sŽgrŽgation puisque la libertŽ de circulation et de travail des Juifs et Juives Žtait sŽvrement rŽglementŽe. Ses parents, sans tre religieux, observaient la tradition juive et parlaient yiddish. Elle se souvenait avoir pleurŽ de faim et de colre quand sa mre donnait une partie de sa ration ˆ la plus jeune. Son pre, qui Žtait menuisier, partit pour les Etats-Unis afin d'y trouver un travail permettant de faire vivre convenablement la famille. En 1906, toute la famille le rejoignit ˆ Milwaukee dans le Wisconsin. ÒGoldieÓ apprend l'anglais, va ˆ l'Žcole et devient une petite ÒamŽricaineÓ.
Sa sÏur a”nŽe Sheyna lui donna l'exemple d'une femme de tte et d'Žnergie. A quatorze ans en Russie, elle fait dŽjˆ partie des sionistes socialistes et organise des rŽunions dans l'appartement familial en l'absence de ses parents. Sheyna, qui a ŽpousŽ Shama Korngold, son amoureux de Kiev, vit ˆ Denver et continue ˆ militer pour le parti sioniste. Lorsque ˆ quinze ans ses parents refusent que Golda continue ses Žtudes et dŽcident de la marier, celle-ci s'enfuit chez Sheyna. Lˆ elle travaille dans une blanchisserie, va au lycŽe et assiste aux rŽunions politiques du groupe sioniste travailliste. Elle y fait la connaissance de Morris Meyerson et l'Žpouse en 1918. Cette mme annŽe, elle participe au Congrs juif amŽricain o elle joue un r™le actif.
En 1921, elle dŽcide avec sa sÏur de partir vivre en Palestine. Les deux familles deviennent membre du kibboutz de Merhavai car Òle kibboutz est le seul endroit au monde o l'on juge et admette les gens [É] non pas selon le genre de travail qu'ils font ni mme selon la qualitŽ de ce travail, mais selon leur valeur intrinsque d'tres humains.Ó Son mari ne supportant pas le kibboutz, la famille repart vers Tel-Aviv puis JŽrusalem o naissent Menachem et Sarah. Mais Golda se sent ÒprisonnireÓ dans son mŽnage o elle ne trouve que ÒpauvretŽ, esclavage et souciÓ, mme si elle travaille et milite pour la fŽdŽration gŽnŽrale des travailleurs juifs. Elle quitte donc Morris en 1928 et repart pour Tel-Aviv avec ses enfants. Elle voyage ˆ travers le monde pour son organisation, lutte contre le nazisme, puis contre les Britanniques qui refusent de laisser la Palestine au peuple juif.
Cheffe du bureau politique de l'Agence juive, elle fut l'une des signataires de la DŽclaration d'indŽpendance en 1948. Elle fut nommŽe ambassadrice ˆ Moscou. ƒlue dŽputŽe travailliste en 1949, elle regagne Isra‘l, devient ministre du Travail en 1956, puis ministre des Affaires Žtrangres et se retire pour prendre sa retraite en 1966.
Mais en 1969, elle est Žlue Premire ministre et gouverne le pays jusqu'en 1974. Elle est donc ˆ la tte du gouvernement lors de la guerre du Kippur et se reprochera de ne pas avoir su la prŽvoir. Elle fut toujours partisane d'un Žtat juif fort et puissant. Pour elle, le problme palestinien n'existait pas : Òje suis assez excŽdŽe d'entendre raconter que loes Juifs ont "volŽ" la terre aux Arabes de Palestine. La rŽalitŽ est tout autre. Beaucoup de bon argent changea de main, et beaucoup d'Arabes devinrent du mme coup richesÓ Cette intransigeance la poussa ˆ dŽmissionner en 1974 pour tre remplacŽe par Yitzahak Rabin.
ThŽrse Moreau
* Les citations sont extraites de la biographie de Golda Meir Ma vie, ŽditŽe chez Robert Laffont en 1975