Un aperçu de mes pensées d'un week-end

 

Mon épouse adorée refuse (refusait) d'officialiser toute soumission sous quelle forme que ce soit. Elle sait tout l'amour que je lui porte, et je suis sûr qu'elle m'aime aussi. Elle profite de mes services, mais sans me soumettre.

Côté sexe, disons qu'elle a consenti à s'y mettre sérieusement. Très bizarre comme énoncé, non ?

Cette situation de demi-soumis, de chemin partiellement parcouru, de flou, de blocages me font souvent déprimer. Et entrave fortement la communication... snif...


Vendredi soir.

Tu m'annonces que deux de nos enfants n'auront pas l'école mardi après-midi. Je me dis que si tu osais, tu me demanderais de prendre congé pour que cela ne t'empêche pas d'aller travailler.

Je ne mange pas du pain au figues que tu as sorti, pour l'unique raison que tu ne m'en fais pas manger. Dommage.

Tu as ramené une BD en allemand pour les enfants. Tu es géniale et exceptionnelle. J'ai de la chance d'être tombé sur toi, aussi bien comme mari que comme le futur serviteur que je rêve de devenir pour toi. Ta cliente de l'autre jour t'a aussi qualifiée d'exceptionnelle. Tu l'es vraiment. Merci d'en faire le maximum pour être une épouse de premier choix. Comment dès lors puis-je te demander, en plus de tout ce que tu m'apportes, de me faire la faveur supplémentaire d'être ma dominatrice ?

Ma proposition d'aller me raser ne te séduit pas. Première incompréhension du week-end: crains-tu que je t'abuse ? Es-tu consciente qu'entre le désir de t'embrasser et la résignation à patienter docilement, je m'efforce dorénavant de toujours donner la priorité à la deuxième option même lorsque cela me fait souffrir ?

En voiture, tu essaies de me faire croire, et probablement de te faire croire aussi, que je participe au choix du restaurant. Une fois de plus, Chérie, domine-moi librement, s'il te plaît. Ne renie pas ta suprématie.

Nous aurions pu faire une halte de dix minutes en forêt. Un détail. Est-ce justement sur ce que tu juges négligeable que tu te sens à l'aise pour me soumettre à toi, pensant inconsciemment, dans le cas présent, que cela m'est indifférent de renoncer à une promenade de dix minutes à tes côtés ?

Le repas est délicieux, tout comme cette agréable soirée avec toi. Si je n'étais pas si bien, ton anecdote concernant le moment de sexe que ta cliente a eu avec son mari en plein après-midi m'aurait miné. J'espère toujours que cela va nous arriver dans un futur pas trop lointain. J'évite de te le dire, et au surplus je m'abstiens de te répéter à quel point je désirerais plus de variations sexuellement parlant.

Tu effleures le sujet de la nourriture d'une manière qui réveille une fois de plus mon désir de me nourrir au mieux à travers ton aide. Je pense souvent qu'il suffirait que tu encadres mon alimentation, au-delà des céréales que tu as la gentillesse de me préparer régulièrement. Je pense qu'il m'arrive souvent de renoncer à ingurgiter un aliment sain, simplement parce que tu n'as pas exigé que je le mange. Dommage. J'espère toujours que cela change.

J'aimerais tant que tu acceptes que je m'agenouille pour toi. Je le fais de temps en temps de manière spontanée, mais j'espère encore que tu te mettes à me le demander en signe d'acceptation de mon désir de dévouement. Lorsque je l'ai fait ce soir de retour à la maison, tu n'as fait qu'abréger mon élan en invoquant la proximité de la fenêtre de notre voisin. J'imagine que tu m'eusses indiqué un autre endroit du salon où m'agenouiller, et à ce que tu m'ais offert de ta domination. Voilà un morceau de moment présent que j'aurais aimé que nous savourions.

Au moment de nous coucher, tu m'assignes deux objectifs pour samedi: nettoyer les poutres du salon et nettoyer les vitres des cinq fenêtres. J'adore quand tu me montres comme tu sais recourir à mes services. Tu es à deux doigts d'être officiellement ma dominatrice, bien que tu persévères à éviter de l'être. Comment ne pourrais-je pas rêver de ce déclic que j'espère toujours où tu reconnaîtras et affirmeras enfin ta supériorité !

Tu me fais la promesse de câlins pour samedi matin. J'en suis enchanté et je saurai patienter. Ta promesse suffit à me motiver pour m'occuper de ta chatte alors que tu es sur le point de t'endormir.

Samedi.

Il est six heures, je me réveille déjà. J'ai une pensée pour les frites que tu m'as imposé de choisir comme accompagnement, de ton pied discret sous la table au restaurant, te souviens-tu ? Ainsi que pour la part de glace à la poire que tu as mangée à ma place: cela me plaît que tu n'ais pas cédé à mon réflexe de protestation. Oui, depuis quelques semaines je m'efforce de savourer chaque morceau de domination que tu m'offres malgré le fait que cette dernière me soit déniée. Je pense ensuite que j'aurais envie que, de temps en temps, tu m'enjoignes à t'attendre à genoux le samedi matin dès mon réveil jusqu'au tien, à côté du lit, à côté de toi. T'est-il impossible de comprendre la joie que tu me procurerais en m'ordonnant cela comme preuve de ta supériorité, et non juste pour me faire plaisir ?

L'excitation montante avec laquelle j'attends ton réveil est étroitement liée à mon ardeur à me soumettre à tes désirs. C'est le genre de langage que tu préfères ne pas m'entendre utiliser, et c'est pourtant la vérité. Savoir que mon attente sera, peut-être, récompensée, me procure en même temps une certaine détente, qui peut pourtant se transformer en une angoisse que tu te réveilles trop tard et que mes espoirs d'amour matinal s'envolent pour cause d'irruption d'enfants. Ce matin, tu te réveilles amplement tôt et déploies un enthousiasme qui me ravit. Hier je t'avais demandé si tu ne pourrais pas t'occuper de moi en me tenant debout pendant cinq minutes. Je repense à cette demande que tu avais acceptée, mais le fait que tu l'ais oubliée ce matin ne me lèse pas du tout.

Avant le déjeuner, tu m'as déjà envoyé en mission au galetas et à la cave. Oui, utilise-moi, je veux être ton dévoué serviteur.

Tu parles de notre garagiste préféré que cela contrariait de ne pas pouvoir partir au ski tôt le matin en raison de l'horaire du lever de sa femme. Encore un couple qui n'a pas opté pour la soumission du mari. Nous non plus officiellement, pourtant je suis ravi que nous n'ayons que si rarement des désaccords non résolus.

Ton baiser au moment où je pars amener notre fils cadet au foot était trop court. Cela arrive maintenant très rarement. La quasi totalité de tes baisers sont bons. Merci Chérie.

Ce nettoyage de poutres, je te le dois. Je repense à ta réflexion, ta crainte de m'être redevable en sexe pour me récompenser de mon dévouement. Il te suffit d'inverser le raisonnement. Dis-toi que c'est moi qui, en tout temps, te suis redevable de l'amour que tu me donnes, et il est normal que j'obéisse à tes demandes après l'amour. C'est moi qui, en te servant, transforme l'énergie que tu me donnes. Convaincs-t'en en pensant que mon dévouement paie ce que tu m'as donné avant, et non ce que tu vas me donner après. Je suis d'autant plus enthousiaste à nettoyer tes poutres que tu as pris du temps pour aller à l'ordinateur et pour lire le journal.

La lampe que tu as choisie pour notre cuisine est la mieux que tu pouvais trouver. Bravo ma Chérie.

Tu m'as annoncé une pause pour seize heures. Nous n'en avons pas eu le temps. Après ma douche, pas eu le temps non plus. Mes travaux n'auront ainsi pas été entrecoupés de baisers comme c'est parfois le cas. Tu es devenue tellement attentive à moi que je ne peux pas te faire la remarque de cette absence de baisers, qui est d'ailleurs moins pénible que si le réveil avait été "sans". Je patienterai. Pour moi, cela revient à me soumettre. Si je te le disais, tu n'apprécierais pas. Devoir patienter est pourtant en totale conformité avec mon rêve de soumission.

Tu annules finalement mon objectif numéro 2 des vitres. Cela me vaut un petit dépit que tu ne m'ais pas utilisé comme annoncé. Je me soumets à ton choix...

Est-ce que, dimanche matin, tu me feras laver finalement ces vitres ? Je sais que l'énergie que j'aurai à m'atteler à cette future tâche dépendra de l'amour reçu au lit au réveil.

Avant de te coucher, tu passes encore quelques instants à la buanderie. L'occasion pour moi de m'imaginer nu, les mains attachées derrière le dos à côté de toi, juste à ta portée, dans l'attente de quelques gâteries dont tu me gratifierais pendant ta séance de repassage. J'aimerais que tu concrétises ce genre de piment.

Au lit, pendant que tu lis, me voilà dans la pénible attente de savoir s'il y aura quelque chose après. Comme un soumis. Tu choisis une soirée sans, ce que je surmonterai sans trop de peine étant donné ce que tu m'as offert le matin. Je serai donc apte à me réjouir de la prochaine fois. D'autres fois, le manque m'aurait causé de l'insomnie en fin de nuit.

Dimanche matin.

Il est 7 h 45, je suis réveillé. Tu t'es réveillée et levée avant moi, c'est rare. Alors que tu es sans doute bien occupée, je me demande pourquoi tu ne viendrais pas me "réveiller" dix minutes de ton précieux temps. Je t'ai souvent priée de savoir t'arrêter n'importe quand pour m'offrir de l'amour, même au milieu d'une occupation. Je me dis d'autant plus que si tu ne m'offres pas un matin câlin, je n'aurai probablement rien jusqu'à lundi soir, étant donné que dimanche soir tu seras probablement fatiguée de cette journée avec invités. Dans ce cas de figure, l'absence de câlins et la pensée que tu ne te doutes pas de ma crainte d'une attente trop prolongée sont deux facteurs pénibles à endurer.

Et te voilà, alors que j'avais déjà commencé à me résigner ! A 7 h 55, tu viens me rejoindre et, une fois de plus, ma journée sera toute autre, belle, grâce à cette fleur que tu me fais. Une fleur de première classe car tu restes longtemps, et tu me fais l'amour en 3 D ! Que c'est bon. Ce que tu viens de m'apporter ce matin a une valeur inestimable.

Arrivé au déjeuner, je me vois gratifié d'un baiser. Un bien agréable bonus. L'aisance et le naturel avec lesquels tu me coupes une tranche de pain nettement trop large me donnent encore une fois un aperçu de ta capacité à m'imposer ce qu'il te plaît. J'en suis réjoui.

Tu me demandes de nettoyer les vitres. Il m'est agréable de sentir cette énergie que tu m'as donnée. Sais-tu que mon application à la tâche et le résultat fourni dépendent de toi ?

Je te propose que je passe l'aspirateur. Je ne te demande pas cela pour mettre en évidence la correspondance entre amour et services rendus, bien que cette correspondance existe à mon sens. Je tiens cependant à concrétiser mon engagement à me dévouer pour toi, même si le mot "soumission" te fait peur.

Absorbé, je laisse par mégarde chuter l'aspirateur sur la deuxième marche de l'escalier. Est-ce regrettable que je puisse être si absorbé en pensant à toi ? Non, je pense vraiment le contraire. Tu ensoleilles ma vie et j'aime penser à toi. Cette chute d'aspirateur me rappelle mon désir qui ne disparaîtra pas que tu recoures à la punition, que je considèrerai toujours comme un apport de piment alors que je sais que tu n'y vois qu'un facteur nuisible. Dommage.

Arrivé à la fin de mon aspiration d'escaliers, et à nouveau en train de méditer sur mon état amoureux, tu me demandes de passer encore l'aspirateur à la cuisine. J'adore quand tu m'utilises naturellement car tu me redonnes l'espoir de ce statut de soumis que je désire tant.

J'aurai encore une ou deux fois la joie de ressentir de l'excitation, rien que de te voir devant moi ou de t'entendre me solliciter encore pour un ou deux services. Que c'est exquis lorsque deux secondes à te contempler amoureusement suffisent à remettre mon pénis en alerte !

Dimanche après-midi.

Je ne mentionne aucun fait du dimanche après-midi pour la simple raison que nous avons eu des visites.

Dimanche soir.

Tu me demandes si je n'avais rien prévu au lit en fin de soirée. Voilà une question que je n'aime pas. Tu sais que je donne autant la priorité au sexe qu'à m'alimenter. Voilà à nouveau un cas de figure où je me soumets à toi et que tu le reconnais tacitement, en te gardant toutefois de me considérer véritablement comme un homme soumis. Peut-être bien que le standard du couple veut que le mari n'impose pas la fréquence de ses pulsions sexuelles à sa femme. Cela n'empêche pas pourtant que tu te montres attentive au fait que je prends garde de ne pas m'imposer. Tu y es attentive, mais j'ai besoin que tu le montres par des mots. Je suis ravi que tu me demandes de mettre simplement la main sur ton pubis sans que nous fassions l'amour. Mais, s'il te plaît, je te demande de prendre acte de ma frustration, de m'en parler, afin de me soulager.

Lundi matin.

Ce matin est un des rares matins de semaine où tu te réveilles avant l'heure où je me lève. Tant mieux ou tant pis ? Ce pied que tu viens appuyer sur mon genou, est-ce vraiment pour ton confort, est-ce de l'amour que tu me donnes, ou encore est-ce une façon de faire en sorte que tu m'en aies donné, sans conviction ? Je serais bien plus serein de savoir ce qu'il en est. En faisant cela, me stipules-tu que tu ne seras pas plus entreprenante ce matin et que j'aurai encore à prendre mon envie de sexe en patience ? Ou ne me le stipules-tu pas ? Pour moi, c'est une grande différence.

Je n'aime pas non plus quand tu ne m'offres qu'un unique baiser au moment où tu t'apprêtes à te lever, et, qui plus est, quand tu ne prends pas au moins dix secondes pour me le donner, alors que nous avons déjà conversé un long moment. Prends soin de moi, je t'en supplie ! Souviens-toi que mon énergie dépend de ces instants où tu me nourris de ton amour. Je me retrouve debout, marchant lentement sous l'effet du manque, en direction de la machine à café pour exécuter ta première demande de la journée. C'est un état normal pour un homme soumis. Encore une occasion pour moi de désirer que tu acceptes enfin ma soumission.

Voilà, après le petit déjeuner, je n'ai plus qu'à aller au bureau, non sans m'interroger sur ton état de fatigue de ce soir, suite à ta journée de travail. Ce soir, j'aurai envie que nous fassions l'amour. Je sais que j'ai le droit de te le dire, et en même temps je souffre que ce genre de déclaration puisse te contrarier. Et je sais que mon choix de taire ou de te déclarer mon envie de toi ce soir ne dépendra que de ma perception de ton état.


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