Ce que je lui souhaite...

Son mari lui reproche de ne pas mettre du piment dans leur vie de couple. Elle juge qu'elle le rend suffisamment heureux, et qu'il n'a pas à faire le difficile.

Elle juge. Le mot fait mal à son homme. Il se sent frustré d'être tombé sur une épouse peu portée sur le sexe. Le sexe nous est donné, il faut en jouir. Ce qui morfond cet homme, ce sont les envies si rares de cette femme, qu'il désespère de pouvoir éveiller en elle. Les envies de chacun, bonnes et moins bonnes, sont l'une des notions les moins chiffrables et les plus spécifiques à la vitalité de chacun. Leurs déclencheurs sont innombrables: un mot, un sourire, l'heure qu'il est, la vue d'une baguette de pain, la magie de la séduction, etc., etc...

Briser la routine, cela inclut d'agir pour se donner des envies. S'intéresser à une activité. Organiser un week-end surprise en amoureux. Ou encore se donner deux heures, ouvrir un moteur de recherche, chercher "l'envie" +pulsion +désir +couple , et y trouver de quoi réveiller ses aptitudes à se faire du bien.

Cet homme souffre de passer à côté d'une quantité déconcertante des réjouissances qui habitent ses pensées. Elle, de son côté, a lu que les fantasmes ne sont pas destinés à être réalisés. Son tort, c'est d'avoir fait de cette phrase un principe strict. Ou d'être tombée sur un mari très amoureux doté de fantasmes sains mais nombreux.

Une envie peut naître d'un rien, comme un lien d'autant plus anodin en apparence qu'il indiqué entre parenthèses (jeux pour adultes), au milieu d'une phrase perdue dans un long texte. Cliquer ou ne pas cliquer sur un lien tel que celui-ci, cela peut influer la destinée d'un individu, d'un couple. Le couple, c'est un potentiel immense. Etre empêché d'accéder à une part de ce potentiel, je n'ai pas vécu frustration plus durable ni plus cuisante.

Bigre, je vois une lectrice s'éclipser: aurait-elle cliqué sur le deuxième lien ci-dessus ? J'espère qu'elle y trouvera un début d'envie de se convaincre que, tant qu'à avoir un mari soumis, autant en faire un soumis authentique.

Mais ce que j'espère plus encore, c'est qu'elle aussi recherche l'authenticité. Qu'elle comprenne que dominer son homme est une forme de libération, et pas seulement pour lui. Qu'elle se libère elle aussi, et qu'elle se rende compte à quel point soumettre son homme peut représenter autre chose que d'être victime de ses fantasmes à lui. Qu'elle admette l'idée que cela puisse être bon aussi pour elle, et donc pour son couple... en attendant de constater à quel point ça l'est !

Qu'elle perçoive la similitude entre le sexe et le reste. Qu'elle ose tenir son soumis à sa merci, attaché pendant plusieurs heures, abandonné à la bonne volonté de sa délicieuse épouse. Qu'en prenant quelques instants à contempler son homme ainsi assujetti, elle se plaise à organiser déjà la manière dont il pourra lui servir le reste de la journée. Qu'elle goûte au plaisir de disposer de son corps comme elle jouira ensuite de son total dévouement. Qu'elle prenne goût à une imagination fertile autant sur le plan sexuel que sur les joies et bénéfices que le dévouement de son homme lui procurera.

Qu'elle comprenne qu'un mari soumis ne demande que cela. Se savoir tout à elle pour l'aimer d'autant plus fort, pour son bonheur à elle en priorité. Qu'elle ose se lancer dans cette aventure en pariant qu'elle y trouvera joie et satisfactions.

Alors j'espère qu'elle reviendra sur mon site. Qu'elle façonnera sa domination avec patience et doigté et qu'elle prenne naturellement de l'assurance. Que les avantages de la soumission de son mari ne tarderont pas à lui en faire percevoir l'extraordinaire rapport qualité-prix.

Qu'elle se mette à explorer des notions simples qu'on a tendance à croire acquises. Qu'elle fasse le point sur ses savoir-faire. Qu'elle révise son couple.

Que, sans perdre de son plaisir de vivre et d'agir, elle se mette à utiliser son mari sans culpabiliser afin de s'offrir du bon temps. Qu'elle comprenne qu'un mari soumis, c'est une autre échelle de temps. Qu'elle puisse organiser son emploi du temps à raison de journées de bien plus de vingt-quatre heures, rien qu'en prenant la peine d'organiser celui de son homme.

Son plus gros effort, au départ, sera de remettre en question certains de ses acquis les plus ancrés. L'ampleur de la part du cerveau masculin réservé au sexe: et pourquoi pas une occasion à saisir plutôt qu'un inconvénient majeur ? Un gars nommé 'Sinus' prétend qu'il existe une alternative à l'égalité entre époux: encore un type qui veut juste se distinguer ? Une épouse dominatrice: un mode de vie pas standard, donc forcément contre nature ?

J'espère, effectivement, que cette femme décèlera l'existence d'une manière de vivre autrement.

Qu'elle goûte au privilège de savoir s'arrêter à n'importe quel moment, trente secondes ou dix minutes, pour réapprovisionner son homme d'un peu d'amour tout en savourant les baisers qu'elle lui offre. Que ce dernier, par son dévouement, sache le lui rendre au centuple et l'amener à la certitude qu'un mari soumis est un cadeau précieux.

Qu'elle ne craigne pas de profiter du confort de disposer d'un serviteur. Au contraire, qu'elle en fasse une source de piment. Qu'elle l'appelle pour qu'il ramasse l'objet qu'elle a laissé tomber par mégarde, juste pour s'affranchir de tout énervement évitable, quelque infime qu'il soit. Qu'elle perde ainsi quelques secondes, le temps que sa demande soit exécutée, mais qu'elle les gagne à savourer l'obéissance et la promptitude de son homme.

Le piment, cela peut être quotidien sans devenir routinier. Son homme appréciera un baiser profond en pleine tâche ménagère. Sa joie à elle sera de l'apprécier tout autant, car elle aura choisi un moment où elle s'y sente disposée et en ait envie. Sa seule charge étant, précisément, d'en avoir envie et de choisir le moment. Son devoir à lui est de vaquer à son travail, et de se calquer sans faillir sur le rythme de ses envies à elle.

Il n'y a pas de vrai piment sans envie.

Je souhaite d'autant plus à cette femme d'écouter ses envies, les provoquer même. Il ne s'agit pas pour elle de dominer son homme juste parce qu'il désire être soumis, il s'agit pour elle d'y prendre véritablement part et de se réjouir de ce mode de relation.

Qu'elle trouve justifié de lui infliger une fessée, entre cent autres exemples. Qu'elle garde à l'esprit que, en dominant son mari, elle oeuvre autant pour elle-même et pour son couple que pour son soumis. Qu'elle réalise que contraindre son mari à rester debout et immobile un soir durant, renforcera le sentiment d'appartenance de ce dernier. Qu'elle s'engage à jouir de sa domination, piment inclus, procurant à son couple solidité et harmonie.

Qu'elle ose s'approprier son mari. Qu'elle se déclare à l'aise en l'appelant souvent "mon soumis", qu'elle ne se retienne pas de le mettre à contribution à n'importe quel instant. Qu'elle se montre sincèrement convaincue de la légitimité des ordres qu'elle lui donne, à plus forte raison ceux qu'une épouse classique n'oserait pas formuler vis-à-vis d'un mari difficile à vivre ou simplement classique.

Qu'elle se mette à aimer aborder la soumission de son mari en tant que sujet de discussion, apportant par là encore un peu plus d'érotisme au couple. Qu'elle prenne conscience de l'immensité de son pouvoir et fasse simplement l'effort de l'accepter.

Qu'elle admette qu'un homme bien éduqué puisse acquérir, avec de la volonté de part et d'autre, des aptitudes qui semblaient inatteignables. Qu'elle puisse en arriver à tenir son soumis par le bout du sexe. Je lui souhaite qu'un jour elle parvienne à amener son homme à consentir à n'éjaculer désormais que sur permission de son épouse.

Par sa modération, cette femme entretiendra les fantasmes de son homme, et les siens propres, au lieu de les briser. En le faisant agenouiller quelquefois et non systématiquement, afin d'éviter d'émousser son plaisir de lui obéir. En savourant véritablement un quart d'heure de léchouilles des pieds, plutôt que d'en demander deux heures... à moins bien sûr que deux heures lui fassent réellement plaisir.

Le piment est un aspect difficile parmi les autres facteurs de réussite du couple, qu'il y ait domination ou non. Se laisser gagner par l'envie est aussi une question... d'envie de se laisser gagner. N'oublie pas non plus, chère lectrice, qu'une demi-heure d'arrêt imprévu en voiture, une gâterie demandée à ton homme ou une irruption coquine pendant sa douche, sont aussi l'apanage des couples classiques, et que vous, les femmes, détenez de toute façon le pouvoir d'en faire la faveur à votre homme... ou de l'en priver à jamais. Un pouvoir d'autant plus cruel qu'il ne vous effleure que rarement l'esprit... ou je me trompe ?

En dominant son homme en toute conscience, cette femme lui enlèvera une frustration, une seule: cette ignorance qu'elle avait de l'étendue de son pouvoir. Elle permettra à son couple de régler conflits et divergences autrement que par la lutte voire la destruction, tout en préservant la confiance de chacun dans l'autre et dans le couple. Pour autant qu'il y soit autorisé, ce qui est souhaitable, son mari se sentira libre d'exprimer une demande lui paraissant légitime, sachant que son épouse détient le plein pouvoir de décision.

En instituant une totale franchise de part et d'autre, elle habituera notamment son homme à formuler ses demandes au plus près de ses besoins. Il constatera que c'est ainsi que ses chances seront les plus élevées de la voir répondre favorablement à une demande. Lors de refus douloureux, il pourra s'efforcer d'envisager sa frustration comme justifiée, aussi cruelle soit-elle.

Ses frustrations... l'unique facteur de risque.

En ce qui me concerne, ma vie est liée au commandement dont mon épouse chérie a toujours fait usage naturellement, déjà bien avant que je lui aie parlé de soumission. Mais je dépends au premier chef du rythme de ses envies. Cette dépendance est en même temps ma souffrance et mon moteur. D'où mon... envie d'écrire ce texte... bien que le propos prévu était de me focaliser sur le piment...

Par le biais de ce texte noyé dans une multitude d'autres sur le Net, j'espère t'avoir donné envie de quelque chose, chère lectrice, que ton couple fonctionne bien ou moins bien. Dans un couple, la taille du résultat espéré n'est pas forcément proportionnelle à l'effort. S'il y a un progrès à faire, alors agis. Je ne cherche pas à gagner des adeptes. Tant que tu n'as pas envie de soumettre ton homme, ne te lance pas dans cette voie. Mon but, c'est la sauvegarde du couple en tant qu'une des dernières valeurs encore pleinement viables de notre société actuelle, pour autant qu'on en prenne la peine. Je me réjouis simplement à l'idée d'avoir pu, peut-être, apporter ma modeste contribution à la réussite de ton couple, ô lectrice que je remercie d'avoir porté quelque intérêt à ma prose.

 

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