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Mercredi 18 décembre 1985 |
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Texte de Jean-Pierre RUCH |
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Souvenirs,
souvenirs. |
Sueurs lointaines |
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Le
12 novembre 1945 - il y a donc quarante ans - se fermait, dans le canton
des Grisons, une exploitation à ciel ouvert de minerai de manganèse (métal
grisâtre, très dur et très cassant, qui existe dans la nature à l'état
d'oxyde, et qui est employé dans la fabrication des aciers spéciaux) qui
vit de nombreux mineurs de la région delémontaine y laisser bien des
sueurs. Il vaut la peine de retracer le travail d'antan, le minage en
l'occurrence, exécuté dans de très difficiles conditions. |
Mineurs de la région delémontaine |
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![]() Sur les lieux en 1942 ● Un tombereau, une vache et un boeuf, plus tard des chevaux, 500 à 1000 kilos de pierre, 9 km de montée et autant de descente, le tout exécuté une fois par jour: c'était la vie de l'époque. (jpr-démo) |
Plus tard,
l'équipe parvint à créer un genre de compresseur qui allégeait les
efforts. Mais la manipulation de la roche extraite se faisait entièrement
à la sueur du front. |
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La roche gagnait ensuite Wimmis (BE), afin d'y subit un procédé thermique et chimique dans un four électrique pour , enfin, être acheminée sous forme de silico-mangane, (qui contenait 65 à 72 % de Mn et 10 à 15 % de Si), vers les hauts fourneaux de Choindez, etc. Ce minéral de manganèse était utilisé pour la fabrication de fonte brute, avec une teneur 6 à 8 % de Mn et de ferromanganèse. Durant la dernière guerre, les mineurs jurassiens ont extrait dans les Grisons 2535 tonnes de minerai, le tout à la force des bras et à la sueur du front. |
![]() En pleine exploitation dans la carrière à ciel ouvert, sous le soleil, la pluie et dans le brouillard également. (jpr-démo) |
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La vie là-haut |
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Il
y a 40 ans, |
| Les temps de loisirs étaient occupés au jeu de carte, à lecture, au football, au jeu de quilles, à l'écoute d'airs d'accordéon et à la cueillette des edelweiss (pour l'épouse ou pour la bonne amie). L'équipe ayant loué des chambres au village de la vallée, pour conserver les vêtement propres et autres valises, il arrivait aux mineurs de quitter une à deux fois par mois la solitude pour fréquenter un bal dans les établissements publics et retrouver aussi l'épouse ou la dulcinée venue de très loin. Certaines remontées à la mine, parât-il, furent pénibles. |
Il est toujours difficile de retrouver la
réalité faite des dures conditions de la montagne, là où sévissent souvent
la pluie, le brouillard et la froidure.Certains des mineurs attirées par un
gain
supérieur (90 ct. à 1 fr. 50 de l'heure suivant les participation) ont
passé quatre périodes (de fin mai à octobre-novembre) au pied de l'alpage
de Parsettens. Aucun n'a été victime d'accident grave et chacun a vécu
ces temps
difficiles en très bonne camaraderie. |